Les Nilgiris (« Montagnes bleues ») sont une chaîne de montagnes des Ghats occidentaux. Elles sont situées dans l’ouest de l’Etat du Tamil Nadu, à la frontière avec le Kerala, en Inde du Sud. Les Nilgiris comptent 24 sommets au-delà de 2 000 mètres dont le plus haut est le Doddabetta (2 634 mètres). La couleur bleue fait référence aux eucalyptus qui poussent dans ces montagnes et qui donnent une teinte bleutée au paysage. La culture du thé a été introduite par les Britanniques dans la région au milieu du XIXème siècle, comme en Assam et à Darjeeling. Les montagnes étaient encore couvertes de prairies et de forêts, où paissaient des buffles. En 1897, les plantations n’occupaient que 1 500 hectares. Les surfaces augmentèrent dans les années 1920 et prirent vraiment de l’ampleur à partir des années 1950. En 1980, elles s’étendent sur 28 000 hectares, dans le secteur sud-est de la province, autour de Kundha, Coonoor et Kotagiri.

On y produit beaucoup de thé via la méthode CTC (cutting-turning-curling, « coupé-tourné-roulé ») destinée au thé en sachets. Mais depuis 2005, le gouvernement promeut un thé qualitatif et encourage des méthodes de culture favorisant l’élaboration d’un thé plus raffiné. Les jardins de thé des Nilgiris sont cultivés à flanc de montagne, entre 1 400 et 1 800 mètres d’altitude, où ils bénéficient d’un climat idéal. Chaleur et soleil dans la journée, avec des passages brumeux réguliers limitant un ensoleillement direct trop important, contrastant avec la fraîcheur nocturne. Ces conditions contribuent à la concentration aromatique dans les jeunes pousses de thé, proche de la complexité d’autres thés d’altitude tels que les Darjeeling ou certains du Sri Lanka. Contrairement à Darjeeling et à l’Assam, qui comptent quatre périodes de cueillette, la cueillette peut se dérouler toute l’année. En effet, la durée du jour et de la nuit est à peu près équivalente (environ 12 heures), quelle que soit la saison. Tandis qu’ailleurs, c’est le déséquilibre entre le jour et la nuit qui entraîne la dormance du théier, en plus du refroidissement. Le producteur a toutefois la possibilité de limiter la récolte quand les journées sont plus fraîches, en janvier-février, pour laisser les théiers se reposer et se revigorer. Il peut aussi récolter à cette période un thé qui présentera plus de vivacité, rappelant un Darjeeling first flush.