Le thé noir coréen reste beaucoup plus confidentiel que les célèbres thés verts du pays. Pourtant, les thés noirs de Corée du Sud ne sont pas étrangers à sa tradition. Dans la région de Hadong, au pied du Jirisan, on trouve notamment une ancienne tradition locale de thé oxydé.
Aujourd’hui, quelques producteurs poursuivent ou réinterprètent cette voie à travers des thés noirs artisanaux produits en petites quantités. Ils offrent une autre lecture des terroirs et des théiers coréens.
Hadong, un grand terroir historique du thé coréen
La région de Hadong, dans le sud de la péninsule, constitue l’un des grands berceaux du thé en Corée. Autour de Hwagae, les théiers poussent sur les pentes du Jirisan, dans un paysage montagneux où la culture du thé s’est adaptée au milieu naturel depuis environ 1 200 ans.
Cette longue histoire reste surtout associée au thé vert. Le patrimoine de Hadong ne se limite pourtant pas à cette seule famille de thé.
Jaeksal : une tradition coréenne de thé noir
Hadong possède notamment une tradition de thé noir connue sous le nom de jaeksal (잭살). Le terme est lié au mot coréen jakseol (雀舌), « langue de moineau », dont il constitue une forme dialectale locale.
Dans les méthodes traditionnelles de Hadong, les feuilles sont flétries puis roulées afin de favoriser leur oxydation. Certaines fabrications font aussi intervenir une exposition au soleil au cours de leur transformation.
Le jaeksal montre ainsi que le thé noir coréen ne constitue pas seulement une adaptation récente de méthodes étrangères. Il existe aussi une histoire locale de transformation des feuilles en thé oxydé, même si cette production est restée beaucoup plus confidentielle que celle du thé vert.
Jukro, une expression contemporaine de Hadong
Les thés noirs coréens restent aujourd’hui rares et souvent produits à petite échelle. Dans ma sélection, le Jukro Noir de Hadong permet de découvrir une expression contemporaine du thé noir élaborée dans ce grand terroir historique.
Il ne faut toutefois pas confondre origine géographique et méthode de fabrication : un thé noir produit à Hadong n’est pas nécessairement un jaeksal traditionnel. Le Jukro Noir illustre ici la diversité actuelle des voies explorées par les producteurs coréens.
La plantation Jukro élabore également un thé vert Jukro de Hadong. Comparer les deux permet de comprendre comment un même terroir et un même producteur peuvent donner des expressions très différentes selon la transformation des feuilles.
Des thés noirs coréens encore confidentiels
Les thés noirs de Corée du Sud occupent aujourd’hui une place très réduite face aux thés verts du pays. Cette production confidentielle laisse cependant aux producteurs une grande liberté dans le choix de la matière végétale et dans la conduite de la transformation.
Le cultivar, la récolte, le roulage, le degré d’oxydation ou encore la finition peuvent ainsi donner des profils très personnels. Il n’existe donc pas un goût unique du thé noir coréen.
Ma sélection restera volontairement réduite et évoluera au gré des récoltes que je juge suffisamment intéressantes pour représenter cette facette encore méconnue du thé coréen.
Thés noirs de Corée du Sud

