Thés noirs de Taïwan

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Les thés noirs de Taïwan restent moins connus en Europe que les célèbres wulong de l’île. Ils possèdent pourtant une histoire importante et une remarquable diversité. Aux grands classiques de Yuchi et du lac Sun Moon s’ajoutent aujourd’hui des productions plus confidentielles, issues de terroirs et de matières végétales très différentes.

Ma sélection explore notamment cette facette moins attendue de Taïwan, avec des thés noirs de Pinglin et de Liugui. Dans le sud de l’île, certains sont élaborés à partir du remarquable patrimoine végétal du Taiwan shancha, Camellia formosensis.


Une histoire d’exportation et de renouveau

Le thé noir prend véritablement son essor à Taïwan pendant la période japonaise. À partir des années 1920, des théiers à grandes feuilles de type Assam sont notamment introduits et expérimentés dans la région de Yuchi, près du lac Sun Moon. Le climat local se révèle particulièrement adapté à leur culture.

Le thé noir devient ensuite une production importante pour l’exportation. Après plusieurs décennies de développement, cette filière décline progressivement face à l’évolution du marché international et à la hausse des coûts de production à Taïwan.

Son renouveau emprunte aujourd’hui une autre voie. Plutôt que de miser sur les volumes, de nombreux producteurs privilégient les cultivars locaux, les petites productions et l’expression de terroirs capables de donner une identité propre au thé noir taïwanais.

Yuchi et les grands cultivars de thé noir

La région de Yuchi, dans le Nantou, reste le grand repère historique du thé noir taïwanais. On y rencontre notamment le Taiwan Tea No. 8, issu de théiers de type Assam, mais aussi plusieurs cultivars développés à Taïwan spécifiquement pour le thé noir.

Le plus célèbre est le Taiwan Tea No. 18, ou Hong Yu (紅玉, « Jade rouge »). Il est issu d’un croisement entre une lignée de théier à grandes feuilles originaire de Birmanie et le Taiwan shancha. Son profil possède notamment des caractères naturels très reconnaissables de cannelle et de menthe fraîche.

D’autres cultivars, comme le Taiwan Tea No. 21, ou Hong Yun (紅韻), enrichissent encore cette diversité. Le thé noir de Taïwan ne se résume donc ni à une seule variété de théier ni à un seul profil aromatique.

Camellia formosensis : un patrimoine végétal propre à Taïwan

L’un des éléments les plus singuliers du patrimoine théicole de l’île est le Taiwan shancha (臺灣山茶), dont le nom scientifique est Camellia formosensis. Il s’agit d’une espèce endémique de Taïwan, présente naturellement dans plusieurs régions montagneuses du centre et du sud de l’île.

Ces populations ne constituent pas simplement un cultivar particulier de Camellia sinensis. Elles représentent une ressource végétale propre à l’île, utilisée depuis longtemps pour produire du thé et aujourd’hui davantage étudiée, préservée et valorisée.

Camellia formosensis joue également un rôle dans l’histoire moderne du thé noir taïwanais : cette espèce indigène est l’un des parents du célèbre Hong Yu, Taiwan Tea No. 18.

Liugui : des thés noirs issus de Camellia formosensis

Dans les montagnes de Liugui, à Kaohsiung, subsistent d’importantes populations de Camellia formosensis. Les sources taïwanaises documentent aujourd’hui plusieurs transformations de cette matière, notamment en thé vert et en thé noir.

Le Liugui Théiers Sauvages de ma sélection est précisément élaboré à partir de Camellia formosensis. Les théiers se reproduisent naturellement dans un jardin intégré à un environnement forestier, ce qui crée une matière beaucoup moins homogène que celle d’une plantation clonale classique.

Cette diversité apparaît aussi au sein même de ces populations. Certains théiers développent par exemple des jeunes feuilles ou des bourgeons pourpres. Mon Liugui sauvage « Purple Tips » illustre cette autre expression de Camellia formosensis.

Pinglin : quand un terroir de wulong devient thé noir

Au nord de l’île, Pinglin est surtout célèbre pour le Wenshan Baozhong, l’un des grands wulong taïwanais. Pourtant, ce terroir peut offrir une expression très différente lorsque les feuilles sont travaillées en thé noir.

Le Pinglin Théiers Sauvages provient ainsi d’un ancien jardin laissé sans exploitation pendant plus de dix ans. En 2021, ses feuilles matures ont servi à produire une micro-récolte de thé noir aux caractères de cacao, d’épices et de bois.

Ce type de lot montre combien un terroir taïwanais ne se résume pas nécessairement à la famille de thé qui a fait sa réputation.

Une autre facette des thés de Taïwan

Les thés noirs de Taïwan peuvent donc prendre des formes très différentes. Certains s’appuient sur des cultivars modernes comme Hong Yu. D’autres reposent sur Camellia formosensis, sur des jardins atypiques ou sur des terroirs surtout associés aux wulong.

Ma sélection privilégie précisément cette diversité. Je m’intéresse aux thés dont la matière végétale, le terroir et le travail du producteur donnent une personnalité clairement identifiable, qu’ils appartiennent aux grandes traditions historiques ou à des productions beaucoup plus confidentielles.


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PINGLIN THÉIERS SAUVAGES 2021

A partir de 8,60 TTC
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LIUGUI THÉIERS SAUVAGES

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