Le thé noir du Japon, appelé wakōcha (和紅茶), occupe une place particulière dans l’histoire du thé japonais. On associe surtout l’archipel aux thés verts, comme le sencha, le gyokuro ou le matcha. Pourtant, le Japon produit aussi du thé noir. Cette production apparaît beaucoup plus tard, à partir de l’ère Meiji.

Autour de 1874-1875, le gouvernement japonais encourage les premiers essais de fabrication de thé noir. Le pays s’ouvre alors au commerce international. Il cherche aussi à développer des produits destinés à l’export.

Les débuts du thé noir japonais à l’ère Meiji

À cette époque, les producteurs japonais ne destinent pas d’abord le thé noir à la consommation locale. Ils répondent surtout à la forte demande des marchés occidentaux. Ces marchés connaissent déjà bien les thés noirs de Chine, d’Inde ou encore de Ceylan, aujourd’hui Sri Lanka.

Le Japon cherche alors à apprendre les techniques d’oxydation et de transformation du thé noir. Pour cela, il envoie des spécialistes à l’étranger. Il étudie aussi les méthodes chinoises, indiennes et sri-lankaises.

Une production fragile face aux grands pays du thé noir

Cette production connaît un certain essor, mais elle reste fragile. Le thé noir japonais doit rivaliser avec des régions déjà très expérimentées. Ces régions disposent de volumes plus importants, de cultivars adaptés et de méthodes de production mieux installées.

Après la Seconde Guerre mondiale, le Japon maintient encore une partie de cette production. Un système de protection du marché intérieur la soutient en partie. Mais en 1971, la libéralisation des importations de thé noir bouleverse cet équilibre.

Les thés noirs étrangers deviennent alors plus accessibles. Ils coûtent aussi moins cher. La production japonaise décline brutalement.

Le renouveau du wakōcha

Le wakōcha ne disparaît pas complètement. Cependant, il devient marginal pendant plusieurs décennies.

Son renouveau commence plutôt à la fin du XXe siècle et au début des années 2000. À cette période, certains producteurs japonais cherchent de nouvelles voies. Ils réagissent à l’évolution de la consommation de thé vert.

Le développement de cultivars comme Benifūki joue aussi un rôle important. Un programme japonais donne naissance à ce cultivar. Le Japon l’enregistre officiellement dans les années 1990. Il participe ensuite à cette nouvelle génération de thés noirs japonais.

Le goût des thés noirs du Japon aujourd’hui

Aujourd’hui, les thés noirs du Japon n’ont plus la même vocation qu’à l’époque Meiji. Ils ne cherchent pas simplement à imiter les grands thés noirs d’exportation. Au contraire, les meilleurs lots affirment une identité plus japonaise.

Ils donnent souvent des infusions douces, peu tanniques et précises. Selon les lots, on peut y trouver des notes de miel, de fruits mûrs, de bois tendre, d’agrumes confits ou de sucre brun.

C’est un thé noir de finesse plus que de puissance.

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