🌿 Shou Mei 2021 de Taimushan
Le Shou Mei de Taimushan est un thé blanc compressé de Fuding, dans la province chinoise du Fujian. Cette galette de 2021 offre une expression étonnamment fraîche, florale, végétale et miellée. Elle conserve aussi une grande régularité au fil des infusions.
🌿 Une galette de Shou Mei aux grandes feuilles
Cette galette associe deux cultivars étroitement liés à la production de thé blanc de Fuding : 福鼎大白茶 (Fúdǐng Dàbáichá) et 福鼎大毫茶 (Fúdǐng Dàháochá).
La compression est légère et assez lâche. La matière végétale reste ainsi très lisible. On distingue de grandes feuilles, de fines tiges et quelques parties plus claires et duveteuses. Les teintes vont du vert olive au brun, avec du kaki et des nuances plus chaudes.
🌿 Le principe du thé blanc compressé
Le thé blanc fait partie des familles de thé les moins transformées. Son élaboration repose principalement sur le flétrissage puis le séchage des feuilles.
Pour obtenir une galette, les feuilles déjà élaborées passent brièvement à la vapeur afin de les assouplir. Elles peuvent ensuite être mises en forme et compressées.
🌏 Origine du Shou Mei de Taimushan – Fuding
Cette galette de thé blanc provient de Fuding, dans la région de Ningde, au nord-est du Fujian. Plus précisément, elle vient du mont Taimu, 太姥山 (Tàimǔ Shān en chinois).
Taimushan se trouve à proximité du littoral et appartient au géoparc mondial UNESCO de Ningde. Le massif est connu pour ses paysages granitiques, ses pics, ses rochers et ses nombreuses cavités naturelles. La proximité entre la montagne et la côte donne au territoire de Fuding une géographie très particulière.
📜 Taimushan et l’histoire du thé blanc de Fuding
Taimushan occupe une place particulière dans l’histoire et les traditions du thé blanc de Fuding. Près de la grotte Hongxue pousse un ancien théier appelé Lüxueya (绿雪芽), ou « Bourgeon de neige verte ». Aujourd’hui, les sources patrimoniales le présentent comme un arbre mère historique du thé blanc de Fuding.
Son nom apparaît déjà dans un texte de l’époque Qing. Celui-ci évoque à Taimushan un thé appelé Lüxueya, également désigné comme « baihao », en référence à ses bourgeons duveteux.
Le lien avec notre Shou Mei est avant tout historique et géographique. Le Shou Mei appartient aux formes traditionnelles du thé blanc de Fuding. Cependant, les feuilles de cette galette ne proviennent pas du Lüxueya.
Une légende locale s’est également développée autour de cet ancien théier. Elle met en scène Taimu Niangniang (太姥娘娘), figure tutélaire du massif.
Selon cette tradition, Taimu Niangniang aurait d’abord été une paysanne appelée Lan Gu (蓝姑). Lors d’une épidémie, elle aurait découvert un théier sur la montagne. Elle aurait alors préparé ses feuilles en infusion et les aurait distribuées aux habitants. La population l’aurait ensuite honorée sous le nom de Taimu Niangniang.
Ce récit appartient à la tradition populaire de Fuding. Il permet de comprendre pourquoi Taimushan, le Lüxueya et Taimu Niangniang restent étroitement associés à la culture locale du thé blanc.
En 2025, la FAO a reconnu le système de culture du thé blanc de Fuding comme Système ingénieux du patrimoine agricole mondial. Cette reconnaissance souligne notamment l’importance des cultivars locaux et du flétrissage naturel. Elle met aussi en avant les relations anciennes entre théiers, forêts, cultures et communautés rurales. Découvrir le système de culture du thé blanc de Fuding présenté par la FAO.
🏺 Un lot de 2021 qui a conservé sa fraîcheur
Ce Shou Mei ne présente pas en tasse le profil très évolué que l’on associe parfois aux thés blancs longuement maturés. Au contraire, il conserve une expression fraîche, florale et végétale. Une douceur miellée complète ce profil.
Sa particularité apparaît surtout au fil des infusions. Le registre aromatique change très peu et reste net et cohérent. À partir de la sixième infusion, son intensité diminue progressivement sans faire apparaître de nouvelles notes dominantes.
Cette stabilité met particulièrement bien en valeur la qualité de la matière première. Le thé conserve aussi une belle douceur, sans amertume ni astringence.
🍃 Notes de dégustation
- Nez : floral, végétal et miellé. Sur les feuilles humides apparaît aussi une discrète évocation de cacao et de praliné. Cette note ne se retrouve pas directement dans la liqueur.
- Attaque : fraîche et douce, dominée par les notes florales.
- Cœur : le végétal et le miel accompagnent les fleurs dans un ensemble très propre et régulier, sans amertume ni astringence.
- Finale : douce et persistante. Le même registre floral, végétal et miellé accompagne les infusions successives. Il perd ensuite progressivement en intensité.
🫖 Conseils d’infusion
Température : 90 °C
Temps : 3 à 4 minutes en théière, 30 secondes en gong fu cha après un rinçage bref, puis augmenter progressivement vers 40 à 50 secondes. Les dernières infusions peuvent être prolongées jusqu’à 1 minute et davantage selon l’intensité recherchée.
Dosage : 3 grammes pour 500 ml en théière, 3 grammes pour 100 ml en gong fu cha (gaiwan ou petite théière)
C’est un thé qui ne craint pas l’eau chaude.
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